Brevet 2016 Questions corrigées

Publié le par fabercours

Voici un corrigée des question du brevet 2016 qui met l'essentiel bien en évidence

En bonus pour la question 8 : les exemples de mise en scène vus en classe dans notre projet ciné-société

1.Présentez précisément la situation du narrateur.

Le narrateur est un soldat dans les tranchées durant la première guerre mondiale : «la tranchée pleine d'hommes », « Je vais m'en aller, ». C’est Maurice Genevoix qui « raconte à la première personne son expérience de soldat », le narrateur, l'auteur et le personnage sont donc une seule et même personne, c’est une autobiographie.

2. a) Qu’est-ce qui attire l’attention du narrateur ? Pour quelles raisons ?

Ce qui attire l'attention du narrateur est le bruit de la pluie qui tombe de manière continue. « Les gouttes d'eau tombent, régulières ».

2. b) Comment le texte crée-t-il un effet d’obsession ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur l’ensemble de la page.

Ce qui marque l'effet d'obsession dans ce texte est le comptage continue et répétitif des gouttes pouvant aller « jusqu’à la folie », « un… deux… trois… » ( l. 4 et l. 15.)

De plus, il y a répétition de comme « régulières » et « gouttes » (l. 4, 6, 12, 13, 17, 26) de même avec l’expression « qui tombent » (l. 4, l. 6, l. 12, l. 13, l.14, l.17, L. 26). La répétition exprime bien compte l’obsession du narrateur pour la pluie.

Il y a aussi la personnification de ces gouttes comme si elles étaient une entité à part entière, un ennemi :« les gouttes (…) mêlées à la boue enveloppent ainsi mes jambes, montent vers mes genoux et me glacent jusqu'au ventre. »

3.Quelles sont les actions tentées par le narrateur pour s’opposer à cette obsession ? (l. 5 à 27)

Les actions tentées par le narrateur pour s'opposer à cette obsession sont de se remémorer des poèmes afin de penser à autre chose et d'en composer lui-même,: «On peut, remuant à peine les lèvres, réciter des vers qu'on n'a pas oubliés. Victor Hugon; et puis Baudelaire; et puis Verlaine ; et puis Samain… » Nous pouvons noter le parallélisme et l’anaphore avec « et puis + le nom du poète ».

4. « Dégouttelantes » (l. 11) : comment ce mot est-il construit ? Quel sens lui donnez-vous ?

Le mot « dégouttelantes » est composé du radical « goutte », du préfixe « dé » et du suffixe « ante ». Les planches de bois sont donc dégoutantes car ruisselantes de ces gouttes d'eau et cela renvoie à la boue que le personnage ne supporte plu.

Corrigés DNB 2016

5. Comment ressentez-vous l’écoulement du temps dans ce texte? Quels indices confirment cette impression ?

Le temps semble s'écouler très lentement, la pluie semble ne jamais s’arrêter et le narrateur ne sait pas si elle finira un jour. Il semble perdre la notion du temps comme le suggère sa tentative de calcul des secondes par rapport aux gouttes « je les compte jusqu'à mille. Est-ce qu'elles tombent toutes les secondes ? Plus vite : deux gouttes d'eau par seconde, à peu près,; mille gouttes d'eau en dix minutes… On ne peut pas en compter davantage. ». « Depuis des heures il ne pleut plus » est ici la seule indication de temps que nous ayons et elle reste indéfinie.

6. Quel est le temps verbal dominant dans le texte ? Quel est l’intérêt de son emploi dans ce récit ?

Le temps verbal dominant dans ce texte est le présent de l'indicatif. L'intérêt est qu'il rend le récit plus vivant, lorsqu'il s'agit d'un présent de narration « les gouttes tombent. Nous, lecteurs, sommes avec Maurice Genevoix dans l'enfer des tranchées. Il y a aussi la valeur de présent d'énonciation dans le discours à lui-même : « Où ai-je lu ceci ? », « Je vais m'en aller. » Le lecteur partage les pensées du narrateur.

7. « Il faut que je me lève, que je marche, que je parle à quelqu’un » (ligne 32). Comment comprenez-vous cette dernière réaction du narrateur ?

Cette dernière action du narrateur est un dernier moyen de lutter contre la folie. L’anaphore exprime sa détermination.

8. Comment pourrait-on adapter cette scène au cinéma ? Vous décrirez et expliquerez vos choix (mouvements de caméra, cadrages, lumière, son…) en tant que réalisateur ou réalisatrice du film.

Cette question était libre. Vous deviez simplement l'organiser en plusieurs paragraphes en la structurant.

Il fallait faire ressortir évidemment l'eau :

1ère idée, de manière visuelle : gros plan sur les planches « dégouttelantes »

2ème idée, audio : avec un son, le bruit des gouttes d'eau qui tombent de manière régulière. Comme dans la mise en scène d’Antigone où c’est le vent que revient sans cesse.

Pour mettre en valeur le personnage et sa situation terrible :

Filmer l'acteur, enlisé dans la boue et sous la pluie : un plan américain qui s'élargit pour montrer les soldats dans le même cas, comme dans Un Monde meilleur ou en contre-plongée, pris au niveau du sol comme avec la photo de Capa « La mort d’un républicain »

Pour les allers-retours entre la vie dans la boue et les souvenirs pour lutter

On pouvait jouer sur les couleurs comme dans Ghost rider : tons gris, marrons, sombres pour les tranchées et le présent du soldat ; teintes chaudes, lumineuses, couleurs vivent des jours à l’école où il apprenait les poèmes, ou chez lui.

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